J'ai peur.
Oui j'ai peur. Mais c'est de la peur de capricieuse. J'ai pas envie.
J'ai pas envie de souffrir de ton absence. J'ai pas envie de vivre au milieu de ton image figée, synthétique. Des photos. De belles photos. De beaux souvenirs. Moi j'aime pas les souvenirs.
Puis surtout j'ai pas envie d'attendre. Attendre quoi ? C'est pas le genre de chose qui s'attende. Du moins on m'a jamais appris tu sais. J'aime pas trop les adieux. Même si là ça serait des adieux qui compresse le coeur & qui fige le corps que je devrait te dire. Tellement y'en a, là, sous ma poitrine. Les mots de la fins, après tout c'est pas trop mon truc. Pas ici. Pas dans la réalité. Parce que c'est la réalité tout ça. & il est loin l'espoir du lointain cauchemar dont tu m'avait parlé.
Moi je préfère me boucher les oreilles et m'enfermer dans le noir. Me forcer à ne plus penser. Je sais c'est facile. & puis ça change rien. Tout ça ça reviens dans la face à un moment ou à un autre. Mais je peut pas écouter ça, encore moins le dire. Je préfère encore me cogner la tête contre un mur plutôt que de l'avoir dans la tête.
Bien sur si je savais aimer correctement je t'aiderais à vivre plus fort. A vivre en vrai. Je vivrais en vrai tout simplement. Parce que je sais que ça te fait sourire. Mais y'a des trucs plus fort que moi qui se balade tu sais. On peut tout offrir par amour. Mais pas sa vie. Du moins c'est rare. Que sur grand écran ou dans les belles lignes des romans.
Je l'écris bien, mais je l'ai pas vraiment compris.
Alors si c'est possible, tu me laisses t'offrir un peu de ma vie Sophie ?

